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Desserte en forêt et transport du bois

Un élément clé de la gestion forestière

Le transport du bois constitue un élément majeur de la compétitivité de la filière bois. Quels sont les outils permettant d'optimiser la desserte du bois en forêt, puis son transport jusqu'aux lieux de transformation ?

Pourquoi créer un réseau de desserte ?

Depuis la rédaction de documents de gestion jusqu'à l'exploitation de la forêt, en passant par la surveillance phytosanitaire ou les entretiens, toutes les étapes de la vie des peuplements nécessitent de pouvoir accéder aux parcelles dans de bonnes conditions.

C'est pourquoi il est primordial de penser à la desserte des parcelles dès l'installation des peuplements.

Comment concevoir son réseau de desserte ?

Au moment de la conception de son réseau de desserte il est important de ne pas perdre de vue les deux objectifs suivants :

  • accéder à la totalité des parcelles de sa forêt
  • permettre l'évacuation de ses bois sur le réseau public dans de bonnes conditions.

     

Pour cela divers équipements peuvent être implantés :

 

Les pistes de débardage

Elles viennent en complément des cloisonnements d'exploitation, permettant l'accès aux engins d'abattage et de débardage au sein des peuplements.

Ce sont généralement de simples emprises en terrain naturel qui doivent être conçues de manière à déboucher le plus rapidement possible sur une place de dépôt. En effet, le rendement des engins de débardage est directement proportionnel à la distance à parcourir.

 

Les places de dépôts

Elément stratégique de la mobilisation des bois, elles doivent être positionnées de manière à desservir un maximum de parcelles forestières. Elles doivent également permettre le chargement et le retournement des camions dans des conditions d'utilisation et de sécurité optimales. Elles doivent donc être empierrées pour permettre le chargement dans n'importe quelles conditions climatiques et deux camions doivent idéalement pouvoir s'y tenir côte à côte afin d'être chargés simultanément et éviter ainsi l'installation d'une grue sur chaque camion. On préconise donc de créer une place de dépôt pour 30 à 70 ha (en fonction des peuplements concernés) et une dimension minimale pour une place de dépôt de 20 x 40 m.

En complément de ces équipements permanents, des places de dépôts temporaires peuvent également être implantées. De structure moins lourde, elles permettent de diminuer la distance de débardage.

 

Dans le cadre des investissements forestiers dans les forêts de production, le propriétaire peut bénéficier de subvention représentant au maximum 50 % (dont 40% Etat+Europe) du montant HT des travaux engagés pour la réalisation des équipements mentionnés. Pour tout renseignement, contacter les services forestiers de la DDAF de votre département.

 

Actuellement, un dispositif de subventions est en place afin de permettre la création de routes forestières et de places de dépôt. Le taux de subventions peut atteindre 80% (dont 70% Etat+Europe) du montant HT des travaux pour les collectivités à la condition que les projets soient intégrés dans un Schéma Directeur de Voirie et d'Equipement Forestier (SDVEF).

Cependant quelques possibilités de subventions existent (en fonction des enveloppes) également hors SDVEF et pour le renforcement de voiries communales. Pour tout renseignement contacter les services forestiers de la DDAF de votre département.

Le transport du bois : un enjeu pour la filière bois

La forêt du Limousin est jeune puisque son implantation date du début du 20ème siècle. Cela se traduit par un manque de tradition et d'infrastructures forestières.

C'est pourquoi, depuis 1985, l'Etat, grâce aux services forestiers de la DRAF, a engagé une politique d'envergure pour équiper les massifs forestiers du Limousin. Ce sont plus de 314 Schémas Directeurs de Voirie et d'Equipement Forestiers (SDVEF) qui ont été étudiés et ont conduit à la réalisation de plus de 1 500 km de routes forestières.

Cette action est aujourd'hui complétée par la mise en place d'une étude technique et d'une animation dans le cadre des Plans de Développement par Massif (PDM). Ce programme prévoit, sur des territoires homogènes, de réfléchir à la desserte d'un point de vue global.

Ces deux programmes ont pour objectif la réalisation ou le renforcement des voies d'accès aux massifs forestiers. Outre les places de dépôts déjà mentionnées, les autres équipements concernés sont les suivants :

 

Les routes forestières

Elles peuvent appartenir à des forestiers privés ou plus généralement au domaine privé des communes. Ces routes, empierrées et idéalement goudronnées dans les zones de pente, doivent être suffisamment calibrées pour permettre le passage de camions de bois. Ces camions doivent également pouvoir se croiser sur certaines portions de ces routes forestières. La largeur minimale de ces routes est donc de 4m (comprenant la bande de roulement et les fossés), en évitant au maximum les pentes et en prévoyant des évacuations d'eau, principal agent destructeur des routes.

 

Les voies communales

Les voies communales appartiennent au domaine public de la commune. Souvent étroites et d'entretien coûteux pour le budget des communes, elles doivent être épargnées autant que possible dans la conception d'un schéma d'aménagement routier. Lorsque cela s'avère inévitable, les voies communales retenues devront faire l'objet d'un renforcement en vue de leur mise en conformité pour le passage de grumiers.

 

Le saviez vous ?
Le poids total roulant autorisé (PTRA) d'un grumier est passé depuis le 30 avril 2003 de 40 à 52 (5 essieux) ou 57 tonnes (6 essieux) sur les itinéraires dédiés. Le poids à vide d'un grumier est de 15 tonnes auxquelles il faut ajouter une grue de 3 tonnes soit un total de 18 tonnes. Le passage de 40 à 52 tonnes représenterait donc une augmentation de charge utile de 12 tonnes soit plus de 50% de charge utile supplémentaire (de 22 à 34 tonnes).

Un schéma global de voirie pour le Limousin

La tempête de décembre 1999 a généré une récolte de bois de l'ordre de 15 millions de m3 soit l'équivalent de sept années de récolte. Cette exploitation intensive a mis en lumière le fait que les infrastructures ne sont pas toujours adaptées à la mise en valeur du patrimoine forestier. C'est pourquoi les trois Conseils Généraux du Limousin ont confié au CRPF et à l'AFOCEL l'étude de définition d'un réseau structurant pour le transport de bois en Limousin.

Cette étude vise à définir sur les 18 cantons les plus boisés du Limousin des itinéraires dédiés au transport du bois sur lesquels seront concentrés le trafic de camions de bois et où les collectivités concentreront des moyens financiers en vue de leur aménagement progressif. Ce réseau comporte la totalité des autoroutes et routes nationales de la région complétée par une sélection de routes départementales et de voies communales permettant de desservir les massifs forestiers, mais également les entreprises de transformation du bois présentes sur les cantons étudiés.

Le but est de créer un schéma global d'aménagement de voirie forestière permettant, depuis les parcelles forestières jusqu'aux usines de transformation, un transport dans des conditions adaptées.

 

La hausse brutale des tarifs SNCF a accentué le problème du transport du bois par la route. Les coopératives forestières se lancent aujourd'hui dans la réalisation de plate-formes logistiques. Ces structures doivent permettre une meilleure utilisation des camions de bois dans le respect des lois en vigueur (voir l'encadré sur le poids total autorisé en charge des camions), tout en diminuant les coûts par une meilleure gestion des temps de chargement et de manutention.

Les pouvoirs publics comme les organismes professionnels se mobilisent afin d'améliorer les conditions de transport du bois, mais il est primordial que les propriétaires forestiers et les collectivités accompagnent ce mouvement en dotant les massifs forestiers d'équipements adaptés.


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